Christian Gonzenbach

 
 

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Une fois réduite en cendres, les choses de ce monde ne sont plus ce qu’elles étaient. Non pas du fait que le plastique a entièrement brûlé et qu’il ne reste que le métal, mais parce que ces choses ont participé à un rite réservé habituellement à l’Homme. Seuls les êtres humaines sont en bière, incinérés et enterrés - ou à la rigueur, les animaux qui leur ont été chers. Mais certainement pas les choses sans vie. En chassant au marché aux puces et sur internet des ordinateurs, des aspirateurs, des sèche-cheveux et des téléviseurs, qu’il démonte et dont il expose les peaux comme des trophées (Skins, a hunter’s collection, 2001), Christian Gonzenbach extrait les choses de leur territoire d’utilisation et les greffe au vivant.
Il naturalise ainsi ce que l’homme a produit en tant que bien culturel et avec un but particulier - la culture devient nature. Et l’inverse est vrai aussi : en reconstituantdes os en céramique ou selon des formes inhabituelles (Kaiserhaus; Sputnik; V16; You are here; tous 2007), c’est la nature qui devient chose. Apparaît dès lors non seulement un objet d’art, mais aussi un objet qui annule notre belle distinction entre nature et culture - voilà donc un objet hybride.

Markus Binder