JONONE
Fire on Water

14 avril - 21 mai 2016

Figure incontournable de l’art urbain, JonOne utilise la peinture à l'huile de manière non traditionnelle, jusqu'à ce qu'elle devienne matière. La matière d'un mur en ruine, la matière de la peinture

« Lorsque j'ai vu la rétrospective de Willem de Kooning au MoMA en 2011, j'ai eu un choc : face à ses toiles, je me voyais. Je pouvais ressentir la force qu'il mettait dans sa peinture, il entrait pleinement dans ses toiles, de tout son corps. Il éradiquait la distance entre lui et sa peinture. Ma peinture est corporelle, dans l’action : il y a du punch. C'est lié à l'énergie des couleurs que je voyais sur les trains peints à New York, comme le surgissement d'un flash de peinture dans la ville. Dans les années 1980, le métro était comme un musée qui traversait la ville. Mon style est lié à ce mouvement et à la vitesse de la peinture. J'aime que les gens soient déstabilisés et déséquilibrés devant mes tableaux. En peignant, je crache la rage qu'il y a en moi. (...)

J'ai mis du temps avant de réussir à retrouver mon style et mon énergie avec la peinture à l'huile. Mon atelier, c’est un laboratoire de recherche. Je suis persuadé qu’il y a des couleurs qui n’existent pas, que l’oeil ne peut pas voir.Tu crois peut être que je suis fou, mais j’en suis convaincu. Et l’huile a apporté une nouvelle luminosité à mon travail. (...) je jette la peinture sur la toile, c'est presque du gaspillage, c’est une peinture de notre époque ! La violence de ces couleurs est aussi joyeuse, c'est du 100 à l'heure, c'est ma vie. Mes tableaux ont longtemps été très plats et graphiques, mais récemment j’ai ajouté beaucoup de textures. J'y vois à la fois les murs des villes, mais aussi la force de la peinture. J’aime toucher mes tableaux avec mes mains, les caresser. J’ai toujours rêvé de faire des peintures pour les aveugles. Des peintures que l’on peut toucher et sentir. J’aime l’odeur de l’huile.”

(Extraits d’un entretien avec Hugo Vitrani)

D'origine dominicaine, John Perello est né dans le quartier de Harlem, en 1963. Il débute dans le monde du graffiti à 17 ans grâce à son ami d'enfance White Man, taguant son nom Jon suivi de 156 (sa rue) sur les murs et les trains de son quartier, puis ceux de tout NewYork. Ilcréelecollectifdegraffiteurs156AllStarzen1984, afin de réunir leur passion, peindre des trains la nuit et oublier leurs problèmes, notamment de drogues. Il fait alors la connaissance de Bando, résidant à New-York à cette période. Suite à une invitation de ce dernier, il économise de l’argent et vient à Paris en 1987. Il commencera à graffer avec lui, Boxer et le BBC Crew. Il débute son activité de peintre sur toile dans un atelier à l'Hôpital éphémère avec A-One, Sharp, Ash, JayOne et Skki,sans pour autant abandonner le graffiti.Aujourd’hui,JonOne est une figure incontournable de l’art urbain.