KIRILL CHELUSHKIN
Foreign Lands

 

Exposition: 6 - 27 février 2016

Opening : 6 février 2016, 16 heures

 

Kirill Chelushkin vit et travaille entre Paris et Moscou. Après une formation à l’Académie d’Architecture de Moscou, il décide de se consacrer au dessin, puis à la vidéo et à la sculpture. Il effectue des dessins au graphite sur toile, sculpte le polystyrène et projette ses vidéos sur les volumes ainsi créés. Pour la première fois, il allie ici sur un grand diptyque ses deux pratiques graphique et sculpturale.

Chez cet artiste qui reste architecte dans l’âme, la ville est à l’image du monde, une représentation des hommes qui la peuplent et des structures idéologiques qui l’ont engendrée. Les panoramas vertigineux de la mégalopole postsoviétique ont été remplacés dans ce dernier travail par un territoire symbolique, Moscou a cédé la place à des terres inconnues, tout aussi inconfortables. Elles ne disent rien des conditions de vie moderne sinon que le sentiment de vulnérabilité de l’homme qui s’y dresse est justifié – qu’il se tienne prêt pour un nouveau basculement du monde. 

« A l'heure actuelle, nous assistons à de vastes changements socioculturels. La terre s’est mise en mouvement, sa géographie change. On voit d'énormes masses de population se déplacer d’une région du monde à une autre. La notion de territoire, le glissement entre « familier » et « étranger », deviennent des concepts volatils, objets de diverses manipulations politiques. Et le lieu de conflits amers. En changeant, la géographie modifie l’humain dans son essence même. »

Des paysages enneigés, vides, inhabités. Une terre semblable à du charbon, qui laisse supposer un champ de bataille déserté. A moins qu’il ne s’agisse de ce sol noir exceptionnellement fertile de la grande steppe eurasienne, le tchernoziom, qui voit tout renaître avec vivacité une fois fondue la neige d’hivers sans clémence.

Les sillons ici creusés n’accordent aucune place au délire (en latin delirare signifie au sens propre « sortir du sillon »), et pourtant les paysages sont oniriques, ils semblent irréels. Par un habile jeu entre surfaces et profondeurs, de la matière blanche évidée surgit le paysage, et lorsqu’elle se découvre sous une épaisse pâte grise c’est pour se transformer en neige. Les formes abstraites de ces grands volumes, aussi légers qu’imposants, se figent pour laisser apparaître un point de vue, des paysages, des champs, une étendue givrée. 

Ce qui rend Kirill Chelushkin nostalgique lorsqu’il vit en France ? « Un véritable hiver et de grands espaces dépeuplés »

 

Alice Cazaux

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Exhibition: 6th - 27th February 2016

Opening : 6th February 2016, 4 pm

 

Kirill Chelushkin lives and works between Paris and Moscow. He trained at the Moscow Academy of Architecture before dedicating himself to drawing, and then to video and sculpture. He draws with graphite on canvas, sculpts in polystyrene and projects his videos onto the mass that has been created in this way. For the first time he is combining his two graphic and sculptural areas of practice into one large diptyque. 

The architect still resides in the soul of this artist. The city is the image of the world, a representation of the people who inhabit it and the ideological structures which have sired it. In this latest work, vertiginous views of the post-soviet megalopolis have been replaced a symbolic land, and Moscow has given way to unknown lands which are just as uncomfortable. They say nothing about the conditions of modern life apart from justifying the feeling of vulnerability of the man who stands up – he is getting ready for when the world tilts again.

« At this current time, we are witnessing vast socio-cultural changes. The earth has begun to shift and its geography is changing. We are seeing great masses of population moving from one region of the earth to another. The notion of territory, sliding between the « familiar » and the « foreign », are becoming volatile concepts, subject to diverse political manipulations. And becoming terrain for bitter conflict. By changing, geography is modifying the very essence of the human being. »

We see snowy landscapes, both empty and populated. A land which looks like coal, bringing to mind a deserted battlefield. Unless it is this exceptionally fertile black ground of the Great Steppe in Eurasia, the tchernoziom, where everything comes back to life vibrantly once the merciless winter’s snows have melted. 

The furrows that have been gouged here allow no space for delirium (in latin, delirare literally means « to come out of the furrow »)), and yet the landscapes are dreamlike and seem unreal. 

In a clever game of surface and depth, hollowed out white matter emerges from the landscape, and when it is shown under a thick grey paste it then is transformed into snow. The abstract shapes formed by these great volumes are as light as they are imposing. They become static so that a point of view of landscapes, fields and a frozen sweep of land can appear.

What does Kirill Chelushkin miss while he is living in France? « A real winter and large, depopulated spaces »

 

Alice Cazaux

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