louis Jammes - Exposition Galerie Rabouan Moussion 2016

Vernissage samedi 15 octobre 2016
à partir de 16 heures

1er volet de l'exposition
15 octobre - 10 décembre 2016

Louis Jammes est né en 1958 à Carcassonne. Au début des années 1980, à l’orée de sa carrière, il immortalise les artistes de son panthéon personnel, ceux qui ont inspiré son parcours comme les membres de la Beat generation, Andy Warhol, Lou Reed, puis ses proches, la figuration libre naissante et ceux de sa génération : Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, Robert Combas, ou encore Julian Schnabel, dans un décor qu’il conçoit évoquant leur œuvre. Il fait ensuite descendre son studio dans la rue et combine photographie et peinture pour planter le décor derrière des anonymes de Barbès, avant de s’engager dans des pays ravagés par la guerre pour travailler avec les populations locales. Il ne désire pas témoigner de ces conflits à la manière d’un reporter mais prendre parti, en faire partie ; il revient de ces expériences avec des images rares, d’une grande picturalité. Connu du grand public pour son travail à Sarajevo en 1993, les enfants qu’il avait alors transformés en anges, sérigraphiés puis collés à même le champ de bataille restent à jamais gravés dans les esprits, à la fois comme témoins et acteurs de ce conflit dévastateur. Dans tout son travail, il s’agit d’inventer une écriture photographique.

    Louis Jammes et la galerie Rabouan Moussion tiennent à revenir sur un événement qui a marqué l’actualité de l’artiste. Dernièrement, son travail sur les migrants réalisé dans les Balkans et exposé à l’Aspirateur de Narbonne a posé problème aux autorités locales jusqu’à faire fermer son exposition.

http://www.lemonde.fr/arts/article/2016/03/17/le-photographe-louis-jammes-voit-son-exposition-a-narbonne-stoppee-net_4884921_1655012.html    

On y voit les visages de Syriens souriants, décidés et pleins d’espoir, avançant sur la route de l’exil à la frontière serbo-croate. Le ciel de plomb sous lequel ils portent leurs pas est percé de rayons lumineux, à la manière d’une Annonciation renaissante. Ces visions contrarient les clichés habituels, misérabilistes, des déplacements humains de grande envergure relayés par les médias ; certaines d’entre elles seront présentées à la galerie.

    La future exposition de Louis Jammes est construite comme un parcours rétrospectif, partant sur la trace de ses origines : de sa pratique de photographe mais également de son passé, des origines du monde, de la création, d’une nature paradisiaque bientôt perdue. Elle sera constituée de plusieurs séries, certaines amorcées il y a plus de vingt ans – des œuvres réalisées à quatre mains avec Jean-Michel Basquiat notamment.

    Les spectateurs pourront également se confronter aux portraits de jeunes Pygmées chassés de leur région. Lors d’un voyage en 1996, Louis Jammes découvre qu’une partie de la forêt primaire ougandaise, aux sources du Nil – fleuve associé au Paradis dans les textes de l’Ancien Testament et du Coran –, a été achetée par une fondation américaine afin de créer une réserve pour la sauvegarde des grands singes, délogeant pour cette bonne œuvre les Pygmées vivant sur place. Il revient sur cette problématique toujours d’actualité pour un constat désenchanté, en intervenant plastiquement sur les négatifs par des grattages ou des ajouts de liquide photosensible qui opèrent sur les images comme sur une peau, cicatrisant bon gré mal gré au développement des clichés.  

    Nous nous souvenons des photographies que Louis Jammes avait rapportées de Pripiat et Tchernobyl, se risquant à pénétrer à l’intérieur du sarcophage isolant la centrale. Plus récemment il s’est rendu à Fukushima en demandant à ses amis japonais de revenir sur leur propre expérience du tsunami et de la catastrophe atomique. Une série photo et une vidéo viendront relater leur vision du désastre. C’est un retour sur les origines de la création, de la matière avec l’atome donc, et la manière dont les hommes sont dépassés par cette découverte.

    Le monde tel qu’il nous apparaît est construit sur une expérience globalisée, partiale et partielle, héritée des grandes découvertes du XVe siècle, à commencer par celle du Nouveau Monde. En juillet dernier, Louis Jammes part à la rencontre de cette terra incognita, de Cuba et ses terres vierges. Il en ramène des visions paradisiaques qui se confondent avec celles des berges de l’Aude, rivière de sa terre natale.

Alice Cazaux

 


Presse :

Louis Jammes, Couverture Art Absolument