Retiens la nuit

sur une proposition de Hugo Vitrani

Aline Bouvy, Guillaume Bresson, Stelios Faitakis, Louisa Gagliardi, Olivier Kosta Théfaine, Ryan McGinley, Cleon Peterson, Evan Robarts, SKKI ©, Sean Vegezzi, Fabrice Yencko, Raphaël Zarka.

Exposition du 2 juin au 31 juillet 2016
Vernissage le 2 juin à partir de 16 heures

 

 

« Les gens qui dorment mal apparaissent toujours plus ou moins coupables : 
que-font-ils ? Ils rendent la nuit présente. »
Maurice Blanchot

Nuit comme nuire. La nuit, un refuge parmi d’autres pour une génération no-turfu, étouffée par la crise, l’ambiance vigipirate, les méfaits du capitalisme et la vie qui (s’en) va avec. Alors tous les moyens sont bons pour assassiner l’aube, ce temps des perquisitions policières. 

L’Histoire ne se couche pas. En témoignent la nuit de la Saint-Barthelemy, celle de cristal, des barricades, du massacre des algériens du 17 octobre 1961 jusqu’à celle du 13 novembre 2015. Nyx, la fille du chaos, n’a pas volé sa mauvaise réputation grecque. Son spectre hante aussi l’histoire de l’art, des fonds bleus de Giotto au ténébrisme du Caravage jusqu’à la sculpture « Night Train Express wine bottles » (1989) du Black Painter David Hammons en passant par les graffitis chromes et noirs réhaussés de « lights » blanches, ces « brûlures » classiques qui lacèrent la rue.

L’exposition qui vole son titre à Johnny est une virée nocturne ambiance fin de soirée enivrée. Une dérive où se croisent des fragments de nuits fauves, de nuits pop, de nuits synthétiques, de nuits zombies, de nuits américaines, violentes, menteuses, sécuritaires, ludiques, érotiques, pornos, de nuits blanches et autres nuits debout. Les pièces qui la composent - cielcalciné, chiens et crackmen errants, dynamique du système D, paradis pas si artificiels, plaintes judiciaires, gentrification des quartiers chauds, destruction de la peinture, réappropriation de l’espace public, souvenirs photographiques d’instants de vie furieuse et libertaire, déséquilibre du corps dans la violence, scènes de débauches dorées, scènettes intimes, cauchemars et fantasmes - montrent que , comme les nyctalopes aux pupilles dilatées, l’art s’envoie en l’air au crépuscule, dont Baudelaire disait qu’il était le complice des criminels : l’Art nuit. 

Hugo Vitrani

 

Hugo Vitrani est commissaire d’exposition, journaliste et critique d’art. Il s’attache à mettre en lumière des artistes et des formes artistiques expérimentales, souvent liées à la rue. Il initie le Lasco Project en 2012 qui permet à des artistes urbains d’investir les dédales de l’architecture du Palais de Tokyo, à Paris. Institution pour laquelle il est ces jours-ci le co-curator de l’exposition « The Light of the Light » de Florian et Michael Quistrebert. Avec l’artiste Fabrice Yencko il co-écrit son premier ouvrage « Chiaroscuro » en 2015 qui reçoit le prix du Club des Directeurs Artistiques dans la catégorie « EDITION - catalogue, leaflet, brochure ». Il siège depuis 2015 à la commission consultative de la commande publique du CNAP en qualité de personnalité qualifiée.

 

 

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Catalogue de l'exposition
 Retiens la nuit
128 pages
Format : 17x 29 cm
Broché

Edition limitée à 600 exemplaires

Edition : Galerie Rabouan Moussion
Graphisme : Twice
Textes et entretiens : Hugo Vitrani
Traduction : Chloe Baker
Crédit photographiques : Aurelien Mole
Impression : CIA Graphique


 

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